Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la photo et notamment à la photo culinaire, j’aurais aimé trouver un article me donnant les conseils et astuces pour bien débuter et éviter certaines erreurs.
Au début, on se soucie beaucoup des réglages de l’appareil photo et on bâcle les autres étapes de la démarche photographique, c’est-à-dire tout ce qu’il y a au-delà des réglages.
Au début, on n’a pas toujours ce regard qui permet de prendre du recul sur ses photos et voir ce qui va et ne va pas.
Du coup, je vous propose de suivre mes 10 conseils pour débutant pour obtenir de meilleures images rapidement.
Gardez votre téléphone pour téléphoner

On dit souvent que ce n’est pas l’appareil photo qui fait la photo mais le photographe. Je ne suis pas complètement d’accord avec cette idée. Quand on aime la photo, on aime aussi la qualité de l’image. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut absolument s’acheter un appareil photo haut de gamme. Cependant, il ne faut pas non plus se contenter de son téléphone portable ou d’un compact bas de gamme, surtout pour la photo culinaire. Les résultats ne seront pas à la hauteur de vos espérances et vous vous sentirez frustré.
Choisissez un appareil photo qui ne soit pas totalement automatisé. Il faut que vous puissiez choisir vos réglages (vitesse, iso, ouverture) et qu’il vous permette de réaliser de jolis flous d’arrière-plan.
Je pense qu’en photographie culinaire, on s’attend plus que dans n’importe quel autre domaine de la photo, à voir des images de qualité. N’oubliez pas que la gourmandise passe en premier par le regard.
Alors, gardez votre téléphone pour téléphoner. 😉
Ne photographiez pas à la lumière d’une lampe

La lumière est notre matière première, elle peut tout simplement changer la beauté d’une photo du tout au tout. Une erreur que je rencontre très souvent en flânant sur Internet et que j’ai moi-même commise, c’est de photographier le soir, lorsqu’il fait nuit et d’allumer les lumières de la pièce pour éclairer son plat. Votre photo sera à tous les coups ratée pour plusieurs raisons : couleurs jaunâtres, ombres marquées, pas de relief… Bref, à ne surtout pas faire.
De la même manière, oubliez le flash de votre appareil photo. Rien de tel pour aplatir l’image et lui donner un effet “spot”.
La meilleure solution est de photographier en pleine journée dans une pièce lumineuse, éclairée naturellement. Si vous ne connaissez pas encore le bon emplacement chez vous, déplacez-vous avec votre plat et voyez comment la lumière va interagir. Évitez également le plein soleil qui ne convient pas non plus car ses rayons sont trop puissants et trop chaleureux. J’y reviendrai plus en détail dans un prochain article.
Prenez votre temps

Photographier dans la précipitation, parce que votre mari, votre femme, vos enfants attendent pour manger ou parce que vous avez faim, ne va pas vous aider à bien photographier. Vous allez bâcler votre mise en scène et votre cadrage.
Alors, prenez le temps ! Photographiez dans la matinée ou en pleine après-midi, bien avant les repas. Ainsi, vous serez concentré et les bonnes idées vous viendront plus facilement. La photo culinaire doit être une activité à part entière au même titre que la photographie de paysage, le portrait, ou tout autre domaine photographique.
Choisissez des recettes faciles à photographier : des gâteaux, des salades, des plats mijotés. Des recettes qui peuvent être préparées à l’avance, que vous pourrez photographier sans vous précipiter.
Plongez vos arrières-plan dans le flou

On a tendance à vouloir obtenir une photo complètement nette. Mais il n’est pas nécessaire de mettre tout votre plat dans la zone de netteté de mise au point. Laissez une part d’imagination à votre spectateur, il saura deviner les éléments plongés dans le flou, tandis qu’il s’attardera sur l’élément net de la photo.
J’utilise personnellement une courte profondeur de champ avec des ouvertures allant de f/1.6 à f/2.8 (mes préférences vont sur les ouvertures f/1.8 et f/2.5) pour apporter de la douceur et donner un côté rêveur / magique à mes images. Sans pour autant aller dans les extrêmes comme je le fais, vous pouvez choisir une profondeur de champ intermédiaire: entre f/3.5 et f/5.2. Au-delà, si tous les éléments de la scène sont nets, le regard va s’éparpiller oubliant finalement le sujet principal qu’est le plat.
Faites plusieurs essais d’ouvertures pour découvrir ce qui vous plaît. N’oubliez pas que la netteté d’une image va aussi dépendre de votre distance par rapport au plat. Pour une même ouverture, plus vous vous rapprocherez et plus les éléments d’arrière-plan paraîtront flous.
Retouchez vos photos

La retouche, aussi appelée “post-traitement”, rentre difficilement dans les habitudes. Pourtant, c’est une étape indispensable pour sublimer et révéler la beauté de ses photos. Même avec le meilleur des boîtiers, les photos brutes paraissent toujours plus fades, moins nettes, moins contrastées et c’est bien normal. Ne croyez pas qu’il faille être un as de l’informatique pour retoucher ses photos. Ajouter un peu de contraste, rééquilibrer la balance des couleurs ou apporter un peu de netteté, tout cela se fait bien souvent par le biais de quelques curseurs. Vous pouvez déjà lire un premier article qui vous explique plus en détail pourquoi retoucher ses photos culinaires.
Ci-dessous, à gauche, c’est une photo brute d’un poulet rôti telle qu’elle est sortie de mon appareil photo. Elle manque de luminosité, les couleurs tirent sur le vert, la photo est fade et triste. À droite, c’est la même photo après post-traitement. J’ai ajouté de la luminosité, du contraste, j’ai corrigé la balance des blancs et des couleurs. Cette photo est maintenant plus chaleureuse et appétissante.
Apportez un soin particulier à la présentation de la recette

Cela fait partie du jeu du photographe culinaire : présenter soigneusement son plat.
Imaginez-vous au restaurant. Vous trouveriez normal qu’on vous apporte un plat de pâtes négligemment servies dans une assiette, des tâches de sauce un peu partout ? Une présentation soignée est bien plus appétissante : des pâtes servies proprement, quelques brins d’herbes par-dessus, l’assiette sans tâches, les ingrédients posés méticuleusement, etc… Pour vos photos, vous devez faire de même et être rigoureux dans la présentation de votre recette.
Détournez des contenants pour le service, découpez vos gâteaux pour montrer l’intérieur, ajoutez des herbes, de la fleur de sel, du sucre glace, quelques fruits découpés, etc… Nettoyez les tâches sur vos verrines, assiettes, couverts. Ajoutez de la sauce pour rendre votre plat gourmand et brillant. Bref, prêtez attention à chaque détail.
Ne soyez jamais satisfait de vous-même

Cela doit vous arriver : vous venez de prendre des photos et vous êtes super content de vous. Cela m’arrive aussi. Cependant, les photos qui me plaisaient il y a un an, vont moins me plaire aujourd’hui. C’est normal. J’ai fait évoluer ma façon de travailler, j’ai acquis de l’expérience, mes goûts ont changé et j’ai amélioré mes compétences. Et je sais déjà que mon style actuel va encore changer !
Je vous conseille donc de ne jamais être satisfait de vous. Remettez-vous en question pour avancer, évoluer. Osez vous critiquer et cherchez ce que vous pourriez améliorer. Cette démarche n’est pas simple, elle se fait sur la durée. Reprenez, comme je le fais, d’anciennes photos : cherchez ce qui vous plaît, comprenez ce que vous avez arrêté de faire et ce qui ne vous plaît plus. Notez tout cela pour vos prochaines séances photos. Par exemple, je me suis rendue compte que j’avais arrêté un temps de photographier en contre-jour, alors que j’aime beaucoup l’effet que cela donne.
Faites attention à vos choix de couleurs

Une assiette bleue, une serviette verte, un fond violet, le tout pour photographier une ratatouille, ça fait beaucoup trop de couleurs sur une même scène. Le mariage n’est pas heureux et le plat complètement effacé. Soyez harmonieux dans le choix des couleurs en utilisant un camaïeu ou en apportant seulement quelques touches de couleurs par-ci par-là.
L’intensité des couleurs sont aussi importantes. Plus elles sont vives, plus elles attirent le regard. Pour éviter toutes fautes de goût, restez sobre dans vos choix de couleurs et n’en choisissez qu’une ou deux.
Adaptez le contenant à votre recette

Les assiettes sont un choix classique mais pas toujours judicieux. Pourquoi ? Souvent, les grandes assiettes semblent vides et la proportion entre le contenant et le contenu n’est pas forcément bonne.
Pensez plutôt aux assiettes à dessert ou aux assiettes creuses. Elles donnent l’impression que l’assiette est bien remplie. Pensez aussi aux bols, cocottes individuelles, verres, etc…
Soyez attentif à votre arrière-plan

Lorsque vous photographiez, faites attention à ne pas inclure dans la photo votre canapé, télé ou ordinateur. Seul le support sur lequel est posée votre scène compte. L’environnement où vous vous trouvez ne doit pas faire partie de l’image.
Cependant, il y a des exceptions. Si vous avez une belle pièce à vivre, éloignée de tout élément « hors sujet », vous pouvez inclure un peu de votre intérieur sur votre photo en cadrant un coin de la table, un peu du sol et de la chaise. Cela donne des photos conviviales qui donnent envie de passer à table.
Si vous êtes gêné par ce qu’il y a en dehors de votre scène, vous pouvez placer un fond à la verticale. C’est quelque chose que je fais souvent afin de pouvoir étendre mon cadrage sans pour autant inclure le reste de ma pièce.




