Gérer la lumière

Pourquoi la lumière naturelle est-elle importante ?

7 commentaires

À l’image du musicien qui a besoin de l’air pour émettre un son ou d’un peintre qui a besoin de pigments pour sa toile, le photographe, lui, a besoin de lumière. Elle est notre matière première et notre base de travail. Son orientation, son intensité, sa température, sa qualité sont des caractéristiques qui vont fortement influencer la manière dont la lumière agit sur votre scène.

La lumière naturelle est à la fois la plus variable mais également la plus belle avec laquelle un photographe puisse travailler. Elle met en valeur les couleurs d’un plat, son relief, ses textures, sa brillance. Et vous allez pouvoir jouer avec en fonction de votre position par rapport à l’éclairage.

Les images prises en lumière artificielle, telle qu’un lampadaire, une applique ou une lampe, ainsi que l’utilisation du flash sont deux erreurs trop souvent commises. Ces lumières altèrent les qualités visuelles de votre recette : lumière trop directe, ombres marquées, mauvaise représentation des couleurs. Les défauts sont nombreux. Pour améliorer vos photographies culinaires, il n’y a pas de secret : vous devez dompter la lumière du jour. Et pour cela, vous allez apprendre à la voir, à l’analyser et à la comprendre.

Les caractéristiques de la lumière

Pour comprendre la lumière, il faut connaître quelques-unes de ses caractéristiques.

Sa qualité

Selon la météo et le moment de la journée, la lumière n’est jamais la même. Elle est parfois douce ou parfois dure, c’est ce que nous appelons la qualité.

Une lumière douce se caractérise par des ombres peu marquées, diffuses qui offrent beaucoup de douceurs à l’ensemble de la photographie. À l’inverse, lorsqu’elle est dure, elle présente des ombres sombres aux contours nets.

Sa qualité dépend à la fois de la taille de la source lumineuse et de son éloignement par rapport à votre scène. Lorsque cette source est grande (une fenêtre), les ombres sont plus douces et peu prononcées. Avec une source de lumière plus petite (une lampe), les ombres sont accentuées. De la même manière, en vous approchant de votre source lumineuse, le rendu sera plus doux. En vous éloignant, il sera plus contrasté.
Il n’y a pas vraiment de qualité de lumière idéale, mais les photos culinaires sont plus jolies lorsque les ombres sont douces d’une manière générale. Cependant, la meilleure qualité sera celle qui sera en adéquation avec vos intentions et à l’ambiance que vous voulez créer. Les ombres marquées donnent par exemple un côté « brute » à une ambiante comme sur la photo ci-dessous. Voyez l’ombre de l’assiette.

ombres-dures

Sa température de couleur

Toute lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, possède une dominante de couleur, chaude (tirant vers le jaune/orange) ou froide (tirant vers le bleu). Elle peut évoluer rapidement au cours d’une séance photo. Il suffit qu’un nuage vienne cacher le soleil pour changer totalement l’éclairage de la scène, passant d’une lumière chaleureuse (présence du soleil) à une lumière plus froide (absence du soleil). Vous n’aurez alors pas d’autres choix que d’attendre le retour de cette belle lumière qui mettait en valeur votre plat et conserver une harmonie entre chaque photo.

Faites également attention à votre environnement : la couleur des murs de votre pièce et même les meubles, la vaisselle et le fond lui-même influent sur la couleur de la photo. Retenez que le blanc va l’illuminer, le noir absorbe la lumière et les couleurs déséquilibrent à leur niveau la balance des blancs.

Nous apprécions les photographies culinaires lorsque la lumière est naturelle (ni trop chaude, ni trop froide) et qu’elle respecte les couleurs d’origine du plat.

Exemple

La photo ci-dessous montre les poivrons photographiés à la lumière naturelle, proche d’une porte-fenêtre. On voit d’ailleurs le reflet de la lumière sur la peau des poivrons. Les couleurs sont parfaitement retranscrites, les ombres sont douces.

lumiere-naturelle

Sur cette photo ci-dessous, j’ai descendu les volets et j’ai allumé les lampes. Le résultat est complètement différent et la photo est clairement ratée : la photo est jaunâtre, on perd le caractère gourmand des couleurs des aliments et les ombres sont dures.

lampe

Alors, convaincu ? 😉

Dans mon prochain article sur la lumière, je vous expliquerai comment maîtriser la lumière naturelle chez vous sans avoir à investir dans un studio photo professionnel !

7 Commentaires

  1. Bonjour Virginie,
    tout d’abord félicitation pour ce blog d’aide à la photographie culinaire! Honnêtement je n’en ai trouvé aucun sur internet, et je devais me contenter de différentes informations glanées ici et là.
    Mais heureusement Virginie l’a fait! 🙂
    Merci pour tes précieuses idées, astuces, accompagnements car grâce à mon blog j’ai découvert la photographie culinaire et c’est un vrai coup de foudre (mais qui donne beaucoup de sueur et de respirations retenues).
    Alors je compte mettre en application tes précieux conseils.
    A bientôt.

  2. Merci, merci, merci pour l’ouverture de ce blog.
    Je lis ton blog de cuisine depuis assez longtemps et si j’adore les recettes, je suis tout autant fascinée par les mises en scène et la qualité des compositions. Je me demande à chaque publication: « Comment c’était en coulisse? » « Est ce que la photo a été prise dans la cuisine ou dans le salon? », « D’où vient la source lumineuse? ». Je tiens aussi un petit blog de cuisine et j’ai un peu progressé en photo culinaire en pratiquant, mais mes photos restent très amateur, du bidouillage. Alors je suis vraiment ravie de l’ouverture de ce nouveau blog grâce auquel j’espère progresser et je suis contente de te suivre sur tes deux blogs un peu magiques!

  3. Bravo et merci pour ton blog !
    La lumière est certainement l’une des composantes les plus importantes ! J’attends tes prochains articles sur le sujet avec impatience !

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